La croissance par l’optimisation globale

Autant le dire d’emblée, ce feuillet s’intéresse plutôt à des aspects conceptuels, voir humoristiques, ou peut-être pas tant que cela.

productivity Imaginons deux types de relations fabricant/fournisseur – client:

  • Relation de type A: Le client voit ses fournisseurs comme complètement interchangeables et fait jouer la concurrence. L’inverse est aussi vrai avec un fabricant qui ne se soucie que de tirer le maximum de la vente de ses produits. Les deux sociétés optimisent leur business séparément.
  • Relation de type B: Le fabricant et le client travaillent main dans la main et partagent une partie de leur savoir-faire et de leur connaissance du marché. Une collaboration très étroite existe.

Nous sommes dans une économie de marché et le système est réglé par le principe de l’offre et la demande dans un marché libre. Dans une relation de type A, les échanges fabricant-client sont de l’ordre du prix, des quantités, des délais et des caractéristiques des produits en jeux (tout cela partiel et granuleux). En terme d’optimisation, on voit la chose comme deux systèmes optimisés de manière indépendante avec un contrôle global fait par le jeu de la concurrence et par les itérations successives au court du temps (actions-corrections).

Imaginons maintenant une collaboration plus étroite de type B. Par exemple, un client va transmettre à son fournisseur des informations qui permettent de définir avec lui des fonctions de coûts réels de la livraison d’une quantité X de produits à un prix Y à un temps T. Plus la description est précise, plus l’optimisation séparée des deux entités va alors être équivalente à une optimisation globale. Si les deux entreprises jouent le jeu, et elles vont le faire vu la qualité de leur relation, l’optimisation pourrait être favorable aux deux entreprises car il y a des degrés de liberté supplémentaires pour trouver un autre optimum. Théoriquement, l’association pourrait permettre aux deux entreprises d’affiner leur outil de production pour en tirer le meilleur parti à deux. On parle volontiers de partenariat.

Rien de nouveau sous le soleil? Les liens étroits de partenariat entre deux entreprises dans une situation de “win-win” est quotidienne. Oui, mais poussons le raisonnement plus loin et voyons une collaboration allant jusqu’à  partager une partie des deux modèles mathématiques des deux systèmes de production sous forme numérique. Ceux-ci peuvent être transmis de manière confidentielle par cryptage. On verrai alors une forme de collaboration commerciale où les entreprises s’échangent des modèles protégés du fonctionnement de leurs opérations. Le but recherché? Une augmentation de la croissance globale par une optimisation, elle aussi, globale. Il y a un parallèle avec un des concepts du système de production de Toyota (TPS), qui prône le respect du réseau de partenaires et de fournisseurs en les mettant au défi et en les aidant à s’améliorer. Il y a cette échange dans les deux sens qui est aussi typique d’un processus d’optimisation globale.

Bien sûr, il y a des risques de crises et d’instabilité plus grand à tout vouloir étroitement lier. C’est un peu comme dans un système financier globalisé et très rapide où il faut plus de garde-fous. N’empêche que le jour où la puissance de calcul des ordinateurs nous permettra de faire une optimisation de notre système économique dans son ensemble, on aura un sérieux soucis de croissance, car elle ne pourra plus que reposer sur des changements technologiques.

Finalement, ce message ne mérite peut-être pas plus qu’une discussion de pause café, ou pas.